Questions posées à Maître Valérie Sédallian, Avocat à la Cour de Paris

Nous avons posé quelques questions à Maître Valérie Sédallian sur les problèmes juridiques liés à cette affaire des cartes bancaires.
Elle est avocate spécialiste des questions de signature électronique, cryptographie.
Elle dispose d'un site Internet www.internet-juridique.net dédié au droit des nouvelles technologies.
Elle a participé en 1996 à la constitution d'un dossier de l'Association des Utilisateurs de l'Internet qui a abouti à l'annulation par le conseil constitutionnel de l'amendement Fillon à la loi de réglementation des télécoms. Cet amendement instaurait un organe administratif chargé de censurer de façon indirecte l'Internet.
Elle a également écrit un livre sur le droit de l'Internet.

Elle nous indique lors de cet entretien les enjeux et problèmes juridiques qui se posent à l'occasion de cette affaire.
Elle tient d'abord à faire une remarque préliminaire :

parodie.com : qu'elle est la valeur juridique d'une transaction par carte bancaire à puce dans la mesure ou elle est invérifiable alors que l'article 3 de la loi informatique et liberté permet à toute personne de contester un résultat d'un traitement automatisé de données et que les banques ne donnent aucun élément pour le faire car leur système est opaque ? parodie.com : La cour de cassation a admis il y a quelques annees que la convention dans les contrats carte bancaire qui disait qu'avait valeur de preuve les transactions < 5000 F faites avec le code confidentiel à 4 chiffres. L'apparition prochaine de simulacres de carte bancaire (utilisant la méthode trouvée par Serge Humpich en 1998 ou selon la méthode des clones de cartes à puce) où il ne sera plus nécessaire de disposer du code confidentiel d'un porteur pour faire une transaction ne risque t'elle pas de faire effrondrer cette jurisprudence dans la mesure où les transactions faites à l'aide la puce ne seront pas forcement réputée être faite a l'aide de ce code confidentiel a 4 chiffres ? parodie.com : Cela peut il remettre en cause l'intégralité des paiements par carte bancaire à puce et repudier le système ? parodie.com : Afin que les consommateurs contestataires soient capables de vérifier la signature presente sur les certificats de paiements inscrit sur les facturettes, faut il que les clés secrètes stockées sur les cartes a puce (qui sont utilisées pour établir le certificat de paiement inscrit sur les facturettes ou qui seront utilisées par exemple pour les transactions sur Internet par le systeme cyber-comm) soient déposées chez un tiers de confiance (ou dépôt d'une signature pour prouver l'anteriorité) ? parodie.com : Le GIE cartes bancaires est il juge et partie dans la mesure ou il paye les transactions et est le seul à distinguer la bonne transaction de la fausse ? parodie.com : Le fait que toutes les banques se soient regroupées pour définir des normes et les imposer aux frais des commercants (achat de materiels, tarifs des commissions imposés comme denoncé il y a quelques années par Michel Edouard Leclerc) posent il des problèmes d'abus de position dominante ? parodie.com : les banques prélèvent de grosses commissions sur les paiements par cartes bancaires au motif de couvrir la fraude, elles ne font rien pour faire diminuer la fraude, elles cachent les cas de fraude ; dans le cas de transactions frauduleuses avec des numéros étrangers, les banques françaises empocheraient même la commission et la fraude serait payée par la banque émettrice ; peuvent elles être accusées de recel ? parodie.com : la responsabilité des banques peut elle être engagée pour le coût du remplacement des terminaux de paiement dans la mesure ou des chercheurs avait dit que le système était obsolète avant son déploiement ? parodie.com : les banques commettent elles un dol en cachant a leurs clients depuis juillet 1998 que le système a été cassé alors qu'elle le prétendent inviolable ? parodie.com : le droit permet il actuellement de mettre en place un système transparent (normes publiques, tiers de confiance, certification de matériel) et sûr juridiquement pour les transactions électroniques ? parodie.com : merci pour ces explications.